Ces trois types de comportements sexuels sont classés dans les perversions sexuelles, ou déviations sexuelles, lorsque la jouissance sexuelle est exclusivement obtenue par ce type de pratique sexuelle.
Cette notion d’exclusivité comportementale est donc très importante pour qualifier une pratique de perverse ou non.
Le sadomasochisme, perversion ou jeu sexuel ?
Dans un couple, le sadomasochisme est beaucoup plus souvent un jeu sexuel qu’une pratique perverse, car elle n’est, généralement, pas la seule pratique qui permette au couple de parvenir à une jouissance sexuelle.
Il ne faut donc pas confondre le jeu sexuel sadomasochiste dans un couple qui, pour sortir de la routine sexuelle, a parfois recours à des jeux sadomasochistes pour obtenir du plaisir, avec la perversion ou déviation sexuelle, pratique exclusive pour parvenir au plaisir.
Rappel de l'historique de ces deux noms communs que sont le sadisme et le masochisme.
Le mot sadisme vient du nom de l’écrivain, bien connu, SADE ( 1740-1814) et le masochisme, de l’écrivain SACHER MASOCH (1836-1895). Le livre le plus représentatif du sadisme est « Justine ou les malheurs de la vertu », et le plus représentatif du masochisme « la Vénus à la fourrure ». Il faut avoir lu ces deux ouvrages, pour mieux comprendre ce que sont le sadisme et le masochisme.
Origines psy et comportementales du sadomasochisme.
Disons, tout d’abord, que chez tout individu coexiste une composante psychique sadique et masochiste, comme il coexiste une composante masculine et féminine chez tout être humain, sans faire l’amalgame entre le sadisme et le masculin, ou le masochisme et le féminin.
Ces tendances psychiques s’expriment à des degrés divers, et lors de situations diverses. La tendance sadique se traduit par une position de dominant, ayant le rôle de faire souffrir ou d’humilier l’autre. La tendance masochiste se traduira par une position de dominé, ce sera donc celui qui souffre ou qui est humilié.
Comme il coexiste, généralement, chez une même personne les deux tendances sado et maso, un même individu peut avoir du plaisir sexuel, tantôt dans une situation de dominant, tantôt dans une situation de dominé. Mais, en fait, le plus souvent, une de ces deux tendances est plus forte que l’autre, et s’exprimera seule.
L'origine du sadisme et du masochisme se situerait, pour l'école freudienne, à la période sadique-anale de l'enfant, c'est-à-dire entre deux et quatre ans. C’est le stade des deux associations rétention-refus (pour le sadisme) et évacuation-don (pour le masochisme).
En psychanalyse, l’angoisse de castration pourrait être aussi en rapport avec le sadisme :: châtrer l’autre, par crainte d’être châtré.
D'autres auteurs, pensent que le plaisir sadomasochiste aurait ses origines plus tardivement, durant la petite enfance, lors de la découverte du plaisir du petit garçon ou de la petite fille, au cours des fessées.
Une autre explication : pour ceux qui considèrent le sexe comme étant « sale » et « punissable », suite à des messages parentaux allant dans ce sens, le droit à la jouissance ne serait acceptable qu’après une punition.
Enfin, pour d’autres, ce serait le dépassement de sa propre résistance à la douleur qui procurerait la jouissance.
Les adeptes du sadomasochisme sont en fait peu nombreux.
On estime à 6% les adeptes du sadomasochisme pur et dur, si l’on en juge par le nombre de clubs spécialisés dans cette pratique, 2 ou 3 clubs à Paris.
En fait, cette pratique pouvant se réaliser à domicile, je pense que les adeptes du sadomasochisme, en tant que jeu sexuel, sont beaucoup plus nombreux, à en juger par la panoplie d’objets utiles à cette pratique et vendus dans les sex-shops !
Les magazines féminins parlent aussi de plus en plus du sadomasochisme, comme jeu sexuel, et vous trouverez facilement, dans ces revues, des adresses de boutiques spécialisées dans la panoplie complète de la parfaite dominatrice !
Qui sont les amateurs du sadomasochisme ?
Le sadomasochisme sexuel associe généralement deux ou plusieurs partenaires consentants, contrairement au sadisme seul, qui peut s’exercer sur un partenaire non consentant, et contrairement au masochisme seul, qui peut s’exercer sur soi même, sans partenaire.
Les hommes ou les femmes qui ont un fort pouvoir social, donc dominants dans la société, ressentent très souvent, dans leurs intimités, le besoin d’être dominés afin d’évacuer leur stress. Les scènes de films représentant des situations sado-maso montrent d’ailleurs, presque toujours, des hommes, à fort pouvoir social, se faire fouetter.
Jusqu’à ces dernières années, c’était l’homme qui avait le plus fort pouvoir social, mais, maintenant, la femme détient de plus en plus un pouvoir social, qui va grandissant. Les films érotiques, concernant le sadomasochisme, ont suivis cette évolution, et l’on voit de plus en plus de femmes dans des situations de dominées sur le plan sexuel. Le sadomasochisme reste, cependant, encore symbolisé par une femme à talon aiguille, revêtue de cuir, et harnachée d’un fouet ou d’un martinet.
Les pratiques sadomasochistes les plus courantes.
Ce sont en général la fessée, la pose de liens (menottes ou autres) qui empêche le ou la partenaire de se mouvoir librement, l’utilisation du fouet ou du martinet, tenus par une partenaire à talon aiguille et vêtue de cuir.
Plus rarement ce peut être l’introduction brutale et violente d’objets dans les orifices anaux ou vaginaux, le fait d’uriner ou de s’exonérer sur le ou la partenaire, etc.
Par contre, les griffures ou les morsures, qui sont données entre deux amants passionnés, n’entrent pas dans le cadre du sadomasochisme, car elles le sont dans le feu de l’action, et non dans le but d’humilier ou de faire souffrir le partenaire.
De même, n’entrent pas dans le cadre du sadomasochisme, la sodomie ou l’éjaculation faciale, bien qu’il y ait un dominant et un dominé, car le but n’est pas de faire souffrir l’autre, mais uniquement d’augmenter l’excitation sexuelle.
Quant aux positions prises par le dominant ou le dominé elles sont évidentes. Le dominé sera, soit allongé sur le sol nu, soit à quatre pattes, soit attaché aux barreaux du lit, et le dominant, debout muni de ses attributs de dominant, fouet, martinet, cravache etc.
|